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Le projet équatorien Yasuni ITT

Le parc national de Yasuni en Equateur est considéré comme l'un des endroits les plus riches en biodiversité de la planète. Il a été créé en 1979 et déclaré en 1989 par l'Unesco réserve mondiale de la biosphère. La Réserve de la Biosphère est aussi le lieu de vie des peuples autochtones waorani et kichwa, et les peuples indigènes en isolement volontaire, les Tagaeri et les Taromenane. Trois forages d'exploration pétrolière se situent dans cette zone.

Pour préserver le droit des peuples et la biodiversité, le gouvernement équatorien promeut l’initiative ITT-Yasuní, qui laisserait définitivement enterrés les 850 millions de barils de pétrole situés dans ce Parc national équatorien.

En 2010, l'Equateur a créé un fonds destiné à accueillir des donations pour soutenir le projet de préservation du parc national de Yasuni.

• Contribuer financièrement à l’initiative Yasuni ITT (site des nations unies en anglais)

L’initiative ITT-Yasuni

L’Initiative Yasuní-ITT (Ishpingo-Tambococha-Tiputini) est un projet du gouvernement équatorien, qui vise à laisser 20% des réserves de pétrole de l’Equateur sous terre, en échange d’une contribution financière équivalente à 50% de ce qu’il pourrait gagner s’ils exploitaient ces réserves.
Ce projet souhaite éviter l’exploitation d’environ 850 millions de barils de pétrole dans une zone située dans le Parc National Yasuní.
 
Partant du principe de responsabilité commune mais différenciée par rapport aux problèmes environnementaux globaux, exposé par l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Equateur demande à la communauté internationale une contribution de 3,6 milliards de dollars d’ici 13 ans.
Cette initiative ne bénéficiera pas seulement à l’Equateur mais à l’humanité dans son ensemble puisqu’elle évitera l’émission d’environ 410 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) ainsi que la déforestation, en promouvant de cette manière la conservation de la biodiversité de l’Amazonie mais aussi le respect des peuples indigènes qui vivent sur ce territoire.
Avec le projet Yasuní-ITT, l’Equateur est devenu un référent mondial pour la préservation de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique.
 
Le 3 août 2010, l’Equateur et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ont signé un accord qui a permis la création d’un fidéicommis ou fonds fiduciaire, pour accueillir les contributions financières de la communauté internationale. L’argent provenant des contributions sera destiné au « fonds de capital » qui permettra le financement du développement de sources renouvelables d’énergie hydraulique, géothermique, éolienne ou solaire, avec pour objectif de mettre en œuvre le plan de transition de la matrice énergétique au niveau national et de réduire progressivement l’utilisation de combustibles fossiles.

Ce « fonds de capital » génèrera un taux d’intérêt de 7% qui alimentera le « fonds de rendement » pour travailler dans cinq secteurs :

  1. Eviter la déforestation et conserver de manière effective 44 aires protégées qui représentent 4,8 millions d’hectares c’est-à-dire 20% du territoire équatorien ;
  2. Reboiser et régénérer naturellement un million d’hectares d’écosystèmes dégradés (en réduisant le taux de déforestation de l’Equateur, un des taux les plus importants d’Amérique latine) ;
  3. Développer une plus grande efficience énergétique ;
  4. Commencer le remboursement de la dette sociale avec une attention prioritaire à la population amazonienne, en investissant dans l’éducation, la santé, l’habitat et la création d’emplois dans des activités soutenables comme l’écotourisme ;
  5. Investir dans les sciences et technologies avec comme objectif, à moyen/long terme, de changer le modèle de développement.

L’Initiative Yasuní-ITT représente un premier pas vers la construction d’un nouveau modèle de civilisation dans lequel on peut articuler justice sociale et urgence climatique. Elle représente une alternative pour questionner le modèle d’extraction des ressources naturelles en même temps qu’une option pour construire une société basée sur la notion de « Bien Vivre ». D’où son articulation avec le Plan national pour le « Bien Vivre » (PNBV), son intégration dans une vision nationale plus ample et le changement de modèle de développement pour aller vers la société de la bioconnaissance, comme le propose le gouvernement équatorien.
L’Initiative Yasuní-ITT nous propose une nouvelle vision de la société et du développement qui ne correspond pas à la recherche exclusive de la richesse et de la croissance mais à l’amélioration des relations entre les êtres humains et entre ces derniers et la nature.
 
Tous ces concepts (Bien Vivre, droits de la nature ou bioconnaissance) nous font passer de la vision anthropocentrique qui perçoit la nature comme un simple objet de valeur auquel, en accord avec son « utilité commerciale », on peut lui assigner des valeurs d’usage ou d’échange, à une logique biocentrique dans laquelle toutes les espèces vivantes ont la même importance et méritent d’être protégées.

L’Initiative Yasuní-ITT est un pilier fondamental de cette politique, elle suscite le paiement de la dette sociale grâce au développement d’activités soutenables, le changement de la matrice énergétique et productive, en même temps qu’elle promeut la récupération environnementale en détenant la déforestation et la dégradation des forêts et des sols.

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